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SSH

La façon la plus pratique de se connecter à un serveur pour l'administrer est de passer par ssh (sous linux ; sous les autres OS je vous laisse chercher). Il est possible de passer par des logiciels tiers (tel qu'Ansible) mais la connexion elle-même utilise le protocole SSH.

Cet article a plusieurs objectifs :

  • Configurer SSH sur son ordinateur personnel afin de se connecter à ses serveurs de façon sécurisée et confortable
  • Configurer SSH sur les serveurs administrés afin d'atteindre un niveau de sécurité aussi haut que possible1).

Configurer SSH sur son ordinateur personnel

Pour se connecter à un serveur, on peut s'authentifier avec un mot de passe, ou bien avec une authentificatuon par clé SSH. Le mot de passe n'est pas sécurisé : une attaque par dictionnaire permet de le trouver, en particulier sur l'utilisateur “root”. C'est pourquoi il est nécessaire de générer une clé SSH.

Générer une clé a un autre avantage : vous n'aurez plus qu'un mot de passe à retenir pour vous connecter de nombreux serveurs, celui qui déverouille la clé elle-même.

Générer une clé

Ouvrez une console et générez une paire de clefs :

ssh-keygen -t ed25519

Ou

ssh-keygen -o -t rsa -b 4096

Vous devriez avoir le texte suivant qui s'affiche :

Generating public/private ed25519 key pair.
Enter file in which to save the key (/home/user/.ssh/id_ed25519):
Enter passphrase (empty for no passphrase): 
Enter same passphrase again: 
Your identification has been saved in /home/user/.ssh/id_ed25519.
Your public key has been saved in /home/user/.ssh/id_ed25519.pub.
The key fingerprint is:
SHA256:Gm8P/ecLCNXPKPUEMZO7LV8vNjTjTfdZ8K2DPx7NPws user@hostname
The key's randomart image is:
+--[ED25519 256]--+
|            =o   |
|           ..+   |
|          . o..  |
|         . ..*.  |
|      . S . .o+o.|
|       + o oo =oB|
|      . + o .E.BO|
|       . o ...%+=|
|          . .*=B+|
+----[SHA256]-----+

Si vous n'entrez rien pour le fichier où sauver la clef (donc tapez sur “entrée”), cela laissera dans le répertoire par défaut, c'est à dire /home/user/.ssh/id_rsa, ce qui est très bien.

Pour la “passphrase”, trouvez un mot de passe efficace.

Une clef publique/privée est générée, spécifiquement pour les connexions ssh, en utilisant l’algorithme Ed25519 dans la première commande ou RSA dans la seconde.

L'ajout du paramètre -b (chiffre) permet de fixer la taille de la clé, augmentant sa sécurité. Ed25519 utilisant une taille fixe, le paramètre -b n'est pas applicable dans ce cas.

L'ajout du paramètre -o permet d'utiliser le nouveau mode de chiffrement de la clé, contrairement à celui par défaut qui n'est plus considéré comme sûr. Ed25519 utilisant ce nouveau mode par défaut, il est inutile de le préciser. Si vous aviez préalablement généré des clés RSA, DSA ou ECDSA sans préciser le paramètre -o, vous pouvez les convertir en changeant le mot de passe avec la commande suivante :

ssh-keygen -p -o -f chemin/vers/la/clé/privée

RSA, ECDSA ou Ed25519 ?

Il existe différents protocoles pour générer une clé, en suivant la syntaxe ssh-keygen -t type, type étant à remplacer par dsa, rsa, ecdsa ou ed25519.

  • DSA n'est plus accepté partout car considéré comme insuffisamment sûr.
  • RSA est la référence par défaut, acceptée sur tous les serveurs. Cependant, afin de rester sûr il est nécessaire de générer des clés très grandes et sa conception fait que nous atteignons actuellement une limite de taille, des clés plus grandes n'ajoutant pas significativement plus de sécurité.
  • ECDSA est une variante de DSA qui, contrairement à ce dernier, repose sur l'utilisation des courbes elliptiques. À niveau de sécurité égal avec RSA, ECDSA utilise des clés d'une taille bien plus petite et est bien plus rapide.
  • Ed25519, aussi appelé EDDSA, est, tout comme ECDSA, une variante de DSA utilisant les courbes elliptiques. La différence avec ECDSA est l'utilisation de la courbe Curve25519 qui offre certains avantages supplémentaires, en particulier une plus grande rapidité. Étant plus récente, elle n'est pas encore supportée partout.

Actuellement (octobre 2018) les seules clés considérées comme fiables sont les clés Ed25519, ECDSA ou RSA d'une taille au moins égale à 2048 bits (4096 ou plus étant mieux mais pas significativement).

Le fichier /home/user/.ssh/config

Ce fichier permet de personnaliser ses accès à ssh de façon extrêmement pratique.

Alias ssh

Pour se connecter à un serveur, il faut taper une commande de la forme suivante :

ssh user@ip:port/chemin_des_dossiers

Il en est de même pour les divers logiciels utilisants la connexion SSH. Il est possible de faire un alias, dans la configuration de ssh, qui va associer un nom à l'ensemble des paramètres, ce qui transforme la commande de façon bien plus courte.

Il faut alors créer un fichier config dans son répertoire .ssh dans son /home. Il contiendra pour chaque serveur un identifiant, son nom (ou adresse IP directe), le fichier rsa à utiliser et l'identifiant qui y est lié :

Voici ce qu'il faut mettre dans le fichier /home/user/.ssh/config

host serveur1
	HostName serveur1.fr
	IdentityFile ~/.ssh/cle1
	User totor
	Port 2369
  
host serveur2
	HostName 202.127.12.13
	IdentityFile ~/.ssh/cle1
	User roxxor
  • host est suivi du “raccourci” que vous souhaitez associer aux paramètres
  • HostName indique l'adresse du serveur ; cela peut être une adresse ip, un nom de domaine ou même un des noms renseigné dans votre fichier /etc/hosts.
  • IdentityFile indique la clé ssh associée à ce serveur (voir le chapitre suivant pour plus de détails).
  • User indique l'utilisateur avec lequel se connecter au serveur.
  • Port permet d'indiquer le port sur lequel se connecter si ce n'est pas celui par défaut.

Ici, la commande ssh serveur1 vous connectera à “serveur1.fr” avec l'utilisateur “totor” et la clé “cle1” (celle par défaut), via le port 2369. Les trois commandes ci-dessous sont équivalentes :

ssh serveur1
ssh totor@serveur1.fr:2369
ssh -p 2369 totor@serveur1.fr:2369

Et si on veut une clef par site ?

Il est possible d'indiquer automatiquement à SSH d'utiliser telle ou telle clef selon le site auquel on se connecte.

Cela n'a généralement aucun intérêt : la même clé peut vous permettre de vous connectez sur tous les serveurs que vous souhaitez. Les clés asymétriques ne sont pas comme les mots de passe ; la sécurité n'augmente pas en utilisant une différente à chaque endroit, d'autant que ce qui est envoyé est la clé publique qui par définition peut être publique sans rien compromettre.

Cependant, c'est parfois une manipulation nécessaire. Par exemple, il fut un temps où Bitbucket ne supportait pas ECDSA, il fallait donc une clé RSA pour ce service et quelques autres serveurs en retard.

Imaginons qu'on ait généré deux clefs RSA comme indiqué au-dessus. Il suffit d'indiquer pour cela un autre nom à la question “Enter file in which to save the key (/home/user/.ssh/id_rsa)” : /home/user/.ssh/cle1 et /home/user/.ssh/cle2. On a donc décidé d'utiliser les clefs comme suit:

  • cle1 pour aller sur le serveur 1
  • cle2 pour aller sur le serveur 2
config
host serveur1
	HostName serveur1.fr
	IdentityFile ~/.ssh/cle1
	User totor
 
host serveur2
	HostName 202.127.12.13
	IdentityFile ~/.ssh/cle2
	User roxxor

Ensuite quand on se connectera avec SSH, le système saura que pour aller sur serveur1.fr, il faut qu'il utilise la clef ~/.ssh/cle1 et l'identifiant totor. Il ne restera qu'à entrer la passphrase qui y est liée. Il n'y a plus besoin de donner la clef nécessaire ou l'identifiant.

Se connecter à un serveur avec sa clé

Copier la clef publique sur le compte du serveur distant

ssh-copy-id -i ~/.ssh/id_rsa.pub yyy@xxxxx.org

ou

ssh-copy-id -i ~/.ssh/id_rsa.pub alias_ssh

Remplacez yyy@xxxxx.org par le nom de votre serveur et son utilisateur, par exemple root@monserveur.org. Ceci dit, si vous avez paramétré correctement votre fichier /home/user/.ssh/config, la seconde commande fonctionne très bien, en remplaçant “alias_ssh” par l'un des “hosts” renseigné dans ce fichier.

Si vous avez généré une clé avec autre chose que RSA, ou lui avez donné un autre nom, modifiez bien le chemin ~/.ssh/id_rsa.pub.

Entrez le mot de passe du serveur lorsqu'il vous est demandé (donc pas votre passphrase de clef, il faut d’abord que le serveur sache que c’est bien vous !).

Et maintenant, c’est bon, vous pouvez vous connecter au serveur en ssh avec votre clef :

ssh yyy@xxxxx.org

ou

ssh user@monserveur.org

ou encore

ssh alias_ssh

Sur le serveur, allez dans le dossier .ssh de /home/user et faites

more authorized_keys

Une ligne doit se terminer par votre nom d’utilisateur et le nom de votre machine, il s’agit des clefs publiques autorisées à se connecter.

Se connecter sans retaper trop souvent son mot de passe (méthode sécurisée) : l'agent ssh

Il suffit d'utiliser un “agent ssh” qui va se souvenir de votre clé. En théorie, votre mot de passe ne devrait être demandé qu'une fois par session, la première fois que vous déverrouillez la clé.

eval "$(ssh-agent -s)"
ssh-add ~/.ssh/id_rsa

Vous devrez retaper cette commande à chaque redémarrage de votre session, avant de vous connecter en ssh pour la première fois lors de la session.

Pour vous simplifier la vie, vous pouvez créer un petit alias (dans /home/user/.aliases si vous utilisez bashrc et que vous avez bien activé cette option) :

alias mykey='eval "$(ssh-agent -s)" && ssh-add ~/.ssh/id_rsa'

Il n'y aura plus qu'à taper mykey dans votre console lors de votre première connexion ssh de la journée et ce sera déverouillé pour la session.

Se connecter sans mot de passe (méthode non sécurisée)

Se connecter sans mot de passe ouvre potentiellement une faille de sécurité. À réserver à des cas très particuliers !

NE SURTOUT PAS LE FAIRE PAR DÉFAUT OU PAR FLEMME !

Un de ces cas est la possibilité pour un serveur A de se connecter à un serveur B, pour effectuer une sauvegarde des données par exemple. Le serveur A doit lui-même être bien protégé.

Il suffit de créer une clé sur le serveur A, comme indiqué plus haut (ssh-keygen -t rsa -b 4096) mais de ne pas rentrer de mot de passe. Cette clé pourra donc être utilisée pour se connecter sans mot de passe.

Ensuite on ajoute cette clé sur le serveur B (ssh-copy-id -i ~/.ssh/id_rsa.pub yyy@xxxxx.org).

Comme les fichiers id_rsa et id_rsa.pub peuvent facilement être copiés d'un ordinateur à l'autre, on peut sécuriser un peu en faisant en sorte que le serveur B n'accepte la clé du serveur A que si cette clé est utilisé depuis l'adresse IP du serveur A.

Il faut alors ajouter “from=IP1,IP2” dans le fichier ~/.ssh/authorized_keys, au début de la clé en question.

Exemple :

from="192.02.300.01" ssh-rsa XXXYYYZZZ(clé) user@server

Configurer SSH sur ses serveurs

La connexion par mot de passe doit être désactivée partout. La seule façon de se connecter est d'utiliser une clé SSH.

Il peut arriver que le fichier stockant les clés ssh soit corrompu (c'est rare mais comme c'est déjà arrivé sur Khaganat, autant en parler). Ce n'est pas bloquant :

  • soit il s'agit d'une VM, dans ce cas, il est possible d'accéder à la VM depuis l'hyperviseur, et de réparer le fichier,
  • soit il s'agit de l'hyperviseur, dans ce cas, il suffit de rebooter en mode rescue depuis l'interface de gestion des serveurs et de monter les partitions, puis réparer le fichier.

Cela demande à chaque fois les privilèges au dessus, mais ce n'est pas bloquant (sauf si la supersyadmin s'est sauvée loin du net). Enfin, au pire… c'est à ça que servent les backup : relancer un serveur, ailleurs. D'autant que si un fichier de ce genre est corrompu, il faut s'inquiéter de ce qui a pu se corrompre par ailleurs.

Chaque utilisateur doit avoir son propre compte sur les serveurs où il a un accès. Par exemple, un compte “zatalyz” sur jukni, avec les privilèges sudo.

La connexion via root est désactivée.

Cela permet deux choses :

  • chaque utilisateur peut paramétrer sa session suivant ses préférences : terminal, alias, etc.
  • l'historique de chacun est différencié. En cas de souci, il est possible de retrouver qui a fait quoi et donc de mieux comprendre l'enchainement des opérations.

S'il y a plusieurs administratrices sur une même machine, les bonnes pratiques recommandent de les mettre dans un même groupe (historiquement “wheel”) et de n'autoriser que ce groupe à utiliser sudo et à se connecter en SSH (voir plus bas dans la configuration de sshd_config).

Astuce : si vous avez plusieurs machines où les mêmes sysadmins ont les mêmes privilèges, vous pouvez utiliser ce petit script bash pour créer le groupe wheel, créer vos utilisateurs, copier leurs clés… bref tout faire en un script.

Paramétrer sshd_config

Ssh doit donc être configuré pour être bien sécurisé et ne pas permettre qu'un attaquant se connecte par ce biais.

Cette partie a été mise à jour le 6 février 2018. La sécurité étant un domaine en perpétuelle évolution, tenez-vous au courant, n'appliquez pas bêtement et veillez à utiliser des informations récentes.

D'autres options peuvent être intéressantes à activer/désactiver suivant votre usage. Ce qui est décrit ici permet une installation de base, couvrant les besoins les plus classiques et apportant un niveau de sécurité acceptable.

La configuration de base sur Debian est relativement correcte ; il y a quelques options qui gagnent à être expliquées et d'autres qui gagnent à être modifiées. Certaines options sont déjà configurées par défaut sur la bonne valeur, même quand elles sont commentées, mais ça va toujours mieux en le disant explicitement.

Le fichier à modifier est /etc/ssh/sshd_config.

# What ports, IPs and protocols we listen for
Port 22

Cette option peut être modifiée pour qu'un attaquant automatique soit bloqué : par contre il faudra préciser le port ssh pour se connecter. La commande ne sera donc plus ssh identifiant@serveur.com mais ssh identifiant@serveur.com -p monport. Suivant votre installation2), il peut être intéressant de mettre autre chose que 22 (port par défaut, ciblé par pas mal de bots), tout en sachant que changer de port ne suffit pas à protéger votre serveur.

PermitRootLogin no

ou

PermitRootLogin prohibit-password

La première option interdit de se connecter en root directement via ssh. C'est l'option la plus sécurisée. Il faudra donc se connecter en ssh avec un nom d'utilisateur basique, puis passer en root si nécessaire.

La seconde option permet de se connecter en root uniquement si la clé ssh a été envoyée au serveur. C'est relativement sécurisé, tant que votre propre clé est elle-même en sécurité. Préférez l'utilisation d'un compte utilisateur non-root pour vous connecter !

StrictModes yes

Cela garantit que le serveur vérifie les modes et droits des fichiers de l'utilisateur avant de se connecter.

UsePrivilegeSeparation sandbox # si dispo sinon
# UsePrivilegeSeparation yes

La première option, si elle est supportée par votre version de SSH, permet de bien séparer les privilèges et est à privilégier. Si vous avez une version SSH un peu plus ancienne ou ≥7.53), la seconde reste très acceptable.

AllowUsers Pseudo1 Moi Toiaussi
AllowGroups wheel

AllowUsers n'est pas dans le fichier de base de la plupart des fichier de config sous Linux, et ça vaut le coup de l'ajouter. Seuls les utilisateurs listés pourront se connecter en ssh. Cela évite qu'on puisse se connecter avec un des utilisateurs automatiquement créés par le système ou un des paquets. Bien que faire ssh www-data@serveur.com ne soit pas censé marcher, quoi qu'il arrive ; mais si vous installez des paquets via des dépôts externes à votre distribution, vous n'êtes pas forcément sûr (à moins de bien lire le code) qu'une faille de ce genre n'existe pas. AllowUsers sécurise de ce point de vue : seuls les utilisateurs listés peuvent se connecter.

L'alternative AllowGroups est intéressante pour gérer directement tous les utilisateurs d'un groupe (ici, le groupe “wheel”, nom souvent attribué aux sysadmins).

À noter que vous pouvez aussi spécifier l'accès à une plage d'ip : AllowUsers admin@192.168.14/24 ; se référer à la doc de SSH pour plus d'infos.

PasswordAuthentication no

Interdit purement et simplement à tous les utilisateurs de se connecter via ssh avec un mot de passe : il faut forcément une clé ssh enregistrée sur le serveur.

ChallengeResponseAuthentication no

Cela va avec le paramètre précédent et le complète. La meilleure explication (en anglais) est ici.

PermitEmptyPasswords no

Cela interdit de se connecter sans mot de passe. C'est sans doute superflu vu que de toute façon on oblige à se connecter avec sa clé SSH, mais dans le doute, on le renseigne.

MaxAuthTries 6

Spécifie le nombre de tentatives d'authentification par connexion. L'ANSSI préconise 2 (6 étant la valeur par défaut) ; personnellement, entre ma capacité à me planter en tapant la passphrase de ma clé SSH et le fait que j'ouvre parfois 3 connexions au même serveur en même temps, j'ai préféré mettre un chiffre un peu plus grand afin de ne pas me faire éjecter de mes propres serveurs, tout en étant assez petit pour limiter une attaque par bruteforce.

LoginGraceTime 30

Temps en secondes pour saisir son mot de passe. En fait, 30 secondes, c'est plutôt long, même avec une passphrase un peu conséquente. D'autant plus qu'il est possible d'utiliser l'agent ssh si on s'authentifie par clef, donc c'est encore plus rapide, à moins d'avoir d'autres facteurs de ralentissement, comme par exemple un réseau congestionné.

PubkeyAuthentication yes

Autorisé par défaut, comme toujours c'est aussi bien en le déclarant… Permet simplement d'utiliser les clés SSH pour se connecter au serveur !

UsePAM yes

En complément de PasswordAuthentication no et ChallengeResponseAuthentication no ; l'option est nécessaire pour que les utilisateurs UNIX puissent s'identifier.

Protocol 2

SSh a évolué et nous utilisons à présent la seconde version du protocole. Pour des raisons de compatibilité, le protocole 1 n'est pas désactivé (et n'est utile que si vous n'avez pas mis à jour votre installation, hein), sauf si votre version d'OpenSSH est ≥7.6. En renseignant cette option, vous vous assurez d'utiliser uniquement la dernière version.

Ciphers aes256-ctr,aes192-ctr,aes128-ctr
MACs hmac-sha2-512-etm@openssh.com,hmac-sha2-256-etm@openssh.com

Ajoutez ces lignes pour préciser les algorithmes acceptés et leur ordre de préférence lors de l'utilisation de SSH. Pour les protocoles, voir http://www.ssi.gouv.fr/uploads/2014/01/NT_OpenSSH.pdf page 11. A contrario on peut lire ici que les algorithmes utilisés par OpenSSH peuvent être considérés comme sûrs.

AllowTcpForwarding no

Il est possible, via SSH, de faire des trucs fun avec TCP, mais mal maitrisé, cela peut ouvrir des failles à un attaquant. On ne va pas faire compliqué, sauf besoin spécifique, vous devez désactiver ceci et le mettre à no.

X11Forwarding no

X11Forwarding sert à afficher graphiquement sur sa machine locale ce qui se passe sur le serveur distant. En dehors de quelques cas particuliers, ça n'a aucun intérêt puisque vous allez agir via la console. De plus, les interfaces graphiques viennent avec leurs propres failles (forcément un logiciel de plus c'est plus de risque de failles, et avec X11 il y a de quoi s'amuser), donc… on désactive. Dans le cas où ce serait nécessaire, il faudra ajouter l'option ForwardX11Trusted no qui en limitera les privilèges.

PrintLastLog yes

Cette option permet surtout de faire un contrôle “humain” des incohérences. Lors de votre connexion ssh, un message vous indiquera les informations de la dernière connexion, ce qui peut permettre de s'inquiéter si ça ne ressemble pas à ce que vous savez des connexions au serveur…

PrintMotd no

Précise si sshd affiche le contenu du fichier /etc/motd quand un utilisateur se connecte en mode interactif et par défaut à “yes”. Comme c'est généralement le shell qui gère ça, on peut passer à “no”, ce qui permet aux utilisateurs que ça gonfle de tout simplement le désactiver, tout en laissant les autres le garder, le tout sur le même serveur.

AcceptEnv LANG LC_*

Là, de ce que je comprends, cela permet à l'utilisateur de passer avec ses propres variables d'environnement (pour la langue). Il est possible que l'option AcceptEnv ouvre une faille même si, là, avec ça, je ne suis pas sûre. Comme nous sommes en français avec des accents bizarres, il me semble raisonnable de laisser ça (au risque, sinon, de ne plus pouvoir entrer nos mots de passe). Si vous comprenez exactement les enjeux de cette ligne, merci de le préciser.

Subsystem sftp /usr/lib/openssh/sftp-server

Appelle un daemon pour gérer certains aspects, ici sftp.

Présent dans tous les fichiers sshd_config des diverses distributions Linux que j'ai pu voir, je préfère le laisser “dans le doute”, car sftp est bien pratique. Cependant, sftp mal configuré peut ouvrir aussi des failles, donc, si vous en savez plus, n'hésitez pas à partager votre savoir.

Exemple de fichier sshd_config

Voici à quoi peut ressembler votre fichier /etc/ssh/sshd_config. Adaptez les quelques points à personnaliser.

ssh_config
#Port 22
Protocol 2
Ciphers aes256-ctr,aes192-ctr,aes128-ctr
MACs hmac-sha2-512-etm@openssh.com,hmac-sha2-256-etm@openssh.com
 
PermitRootLogin no
StrictModes yes
UsePrivilegeSeparation sandbox # si dispo sinon
# UsePrivilegeSeparation yes
 
PasswordAuthentication no
ChallengeResponseAuthentication no
PubkeyAuthentication yes
UsePAM yes
 
PermitEmptyPasswords no
MaxAuthTries 6
LoginGraceTime 30
 
AllowGroups wheel
 
AllowTcpForwarding no
X11Forwarding no
 
PrintLastLog yes
PrintMotd no
 
AcceptEnv LANG LC_*
 
Subsystem sftp /usr/lib/openssh/sftp-server

N'oubliez pas de relancer le daemon ssh après avoir modifié ce fichier.

service ssh restart 

Pour aller plus loin

1)
Du moins pour SSH. La sécurité d'un serveur ne passe pas que par ça.
2)
Votre serveur est directement relié à internet ? Changez son port pour la connexion SSH. Il est au sein d'un réseau interne, derrière un pare-feu ? C'est pas forcément utile, de toute façon on ne s'y connectera pas depuis l'extérieur grâce au port 22.
3)
Dans OpenSSH en version 3.2.2 UsePrivilegeSeparation est encore expérimental. Dans la version 3.3 l'option est à yes par défaut. En version 5.8 l'option autorise le nouveau paramètre sandbox. Enfin, dans OpenSSH 7.5 UsePrivilegeSeparation est rendu obsolète car de toute manière c'est activé par défaut en mode sandbox
fr/ssh.txt · Dernière modification: 2019/02/07 15:37 par zatalyz