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Auteur Sujet: Rêve volé  (Lu 788 fois)

Lyne

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Rêve volé
« le: 25 septembre 2013 à 21:58:38 »
L’ucikara avançait lentement dans la vallée, serpentant dans la neige entre les énormes blocs de pierre qui avaient roulé des falaises environnantes.
Il lui avait fallu plusieurs jours avant de trouver un chemin pour rejoindre le fond de ce que, sur d’autres mondes, on aurait appelé un canyon. Et encore, “chemin” était une description optimiste. Il s’agissait plutôt d’un endroit où les parois étaient un peu moins abruptes, où d’étroits paliers pouvaient arrêter la chute avant que la hauteur ne devienne mortelle, où les ponts de neige tenaient juste assez longtemps avant de s’effondrer dans l’abîme en contrebas. Le jeune ra ne pourrait pas rentrer par là.
Mais pour l’instant, le retour était de toutes façons exclu : pas question de faire demi-tour avant d’avoir atteint son objectif. Pour une fois, le vieux chaman avait été clair quant à ce qu’il devait faire.
Même si ses indications de direction avaient été aussi désespérément vagues que d’habitude.

Et l’apprenti avait donc quitté son clan et pris la direction, grossièrement, de la Mer des Brumes.
En plein hiver.
A travers les Monts de Givre.
La descente n’avait été que la dernière épreuve en date, et il guettait avec une certaine appréhension l’apparition de la suivante.

Il avait emmené tout un stock de viande séchée, et de puissantes potions qui l’aidaient à lutter contre le froid et l’absence de sommeil. Car il n’était pas question de dormir dans cette région : si le froid ne tuait pas le voyageur solitaire, les prédateurs s’en chargeraient. Et mourir signifiait devoir reprendre le trajet depuis le début. Ou pire, perdre un temps précieux à s’extraire sans dommage du Monde du Rêve.

Il avançait donc, d’un pas qu’il tentait de conserver régulier, vers la bouche du canyon. Avec l’espoir qu’il déboucherait bien au niveau de la mer des Brumes, et pas sur une nouvelle falaise.

Malgré la fatigue, physique et morale, de la longue marche dans le froid, le ra constata bientôt quelques changements encourageants.
Le plus frappant apparut lorsque le soleil parvint à percer le voile de nuage, un instant avant de plonger derrière le sommet de la falaise. Dans le rayon de lumière timide qu’il laissa tomber au fond de la vallée, les arêtes des congères scintillèrent d’une myriade d’aigrettes vertes et roses.
Puis, tandis que l’apprenti continuait sa progression dans la nuit, l’épaisseur de neige diminua lentement. Et lorsque le matin revint, pour autant que la pénombre causée par l’association des nuages et de l’ombre du canyon laissa deviner le retour du jour, elle ne se présentait plus que sous la forme d’un mince tapis.
Un mince tapis irisé, percé par endroit d’étranges sculptures de givre, dont les plus grandes lui arrivaient au genou.
Le ra continua sa route, s’obligeant à ne pas accélérer malgré ce signe sûr de la proximité des Brumes : on disait dans les Montagnes, que ces formes étaient des échos de rêve que le froid avait emprisonnés. Et qu’on ne les détruisait qu’à ses risques et périls. Il importait donc de faire attention où l’on posait les pieds, dans ces régions.

Lentement, inexorablement, le ra avançait au fond du canyon, les yeux fixés sur le terrain juste devant lui.
Et, au bout d’un temps indéterminé, la neige et les concrétions de givre disparurent complètement.
Le voyageur releva donc les yeux pour regarder au loin, et se figea, anéanti. Au bout du canyon, il ne voyait pas la mer, mais une autre falaise dressée vers le ciel. Fermant hermétiquement la route.

Il s’assit au sol, le regard fixé sur la paroi, tentant d’y discerner une fissure, un passage. Un indice. Quelque chose. N’importe quoi. La Mer des Brumes était là, toute proche. C’était elle, bien plus que la perte d’altitude, qui tenait le froid à l’écart. Elle qui avait libéré les échos de rêves qu’il avait vus plus haut. Il sentait même dans son dos les légers picotements que provoquait toujours chez lui la proximité des Brumes. Mais se retrouver bloqué, comme ça. Aussi prêt du but.

L’apprenti chaman inspira lentement, et expira tout aussi lentement. Deux fois. Puis il ferma les yeux, tentant de trouver lakne. De s’ouvrir aux champs des possibles. Avec précaution, il traça dans l’air devant lui les glyphes invisibles du sort qui lui montrerait une route, si possible la plus sûre, pour atteindre son but. Mais le sort ne sembla pas fonctionner. Tout ce qu’il obtint en retour, ce fut la confirmation que la Mer était là, devant lui, toute proche.

Abattu, le jeune ra resta un moment assis. Puis, décidant qu’il n’avait plus rien à perdre, il reprit sa route vers l’aval. Vers la falaise qui le séparait de ses espoirs.

A mesure qu’il marchait, il prit conscience que le vent s’était mis à souffler. Brises légères, sitôt perçues sitôt retombées. Mais du vent quand même. Au fond d’une vallée fermée.
Inconsciemment, il accéléra le mouvement, n’évitant de piétiner la rare végétation que par une longue habitude. Jusqu’à ce qu’il réalise.

La vallée faisait un brusque coude vers la gauche : la Mer était bien là.
Et son sort avait fonctionné : il lui avait suffi d’avancer pour trouver le chemin le plus sûr.
Le ra ralentit en voyant les mouvements de la Brume au pied des falaises. Il avait atteint la Mer.
Il était loin d’en avoir fini.
« Modifié: 01 janvier 1970 à 01:00:00 par Guest »

Lyne

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Re: Rêve volé
« Réponse #1 le: 25 septembre 2013 à 21:59:05 »
Pour la première fois de sa mémoire, l’apprenti contemplait la Mer des Brumes.
Il avait déjà vu les Brumes ailleurs, bien sûr. Et il avait souvent entendu parler de la Mer.
On lui avait dit les reflets changeants, les mouvements paresseux mais implacables, les lents remous et les tourbillons profonds, les flux et les reflux, les brusques envolées et les écharpes comme égarées au ras du sol, l’immensité sous le ciel et les écueils qui en dépassaient parfois, les épaves échouées et les rêves qui s’y perdaient …
Il avait même vu, pendant sa période à l’InfrAcadémie, des images de Fen’is Taer. L’île légendaire au bout du Khanat. Le poste de garde le plus avancé des ra faces aux Brumes.

Mais rien de tout cela ne pouvait donner la pleine mesure de la Mer des Brumes.
Et le ra qui s’était avancé jusqu’à la bouche du canyon fixait l’étendue au pied des falaises, comme un autre ciel sous les nuages.

Il était trop bas pour vraiment discerner les flux dans la masse. Il aurait fallu pour cela qu’il soit là-haut, au sommet du canyon. Mais il voyait quand même les mouvements à la limite.
Au bout d’un moment, il réalisa que la Mer refluait : elle s’éloignait des falaises, découvrant à leur pied une grève irrégulière, de sable, de graviers, de cailloux, de rocs, et de blocs de toutes tailles.
Et dans ce chaos minéral, on distinguait, contre toute attente, des taches de couleur. Des plantes.
Impossible de dire, à première vue, si elles avaient été abandonnées là par le reflux, ou si elles s’étaient ancrées sur la plage et résistaient aux marées, ré-émergeant à chaque retrait des Brumes.

L’ucikara s’avança prudemment le long des falaises. Il avait été, très fortement, mis en garde contre le piège que les murs abrupts représentaient en cas de retour rapide de la Mer.
Il garda donc un œil sur les mouvements paresseux, et pour l’instant quasi incolores, des Brumes, en se penchant pour étudier les plantes.
Il n’en avait jamais vues de semblables, mais elles étaient visiblement ancrées à la plage. Pour certaines, la notion d’ancrage était même renforcée par le fait que ce qui ressemblait à une plante plus ou moins “normale” poussait au bout d’une longueur parfois impressionnante de racines, elles-mêmes enroulées autour, voire dans les fissures, de blocs de taille non négligeable.
Le ra observa à nouveau la Mer qui s’éloignait, cherchant à discerner d’éventuelles formes flottant dans ses remous. Mais même incolores, les Brumes gardèrent leur secret, et il continua donc sa progression.
Ces plantes, aussi fascinantes soient-elles, n’étaient pas le but de sa présence en ces lieux.

Tout en continuant d’avancer, l’apprenti se sentait de plus en plus mal à l’aise. Certes, la Mer reculait. Mais il s’éloignait aussi de plus en plus de l’abri relatif procuré par la bouche du canyon.
Il finit par s’arrêter, incertain.
Les Brumes s’était suffisamment retirées pour qu’il devienne difficile d’estimer leur direction. Il les fixa un long moment, essayant d’estimer la quantité de côte dégagée, et si celle-ci diminuait ou non.
A la recherche de points de repère, il finit par repérer une forme étrange. Peut-être à mi-distance entre la falaise et la ligne mouvante.
Il jaugea une dernière fois la distance, repéra bien l’entrée du canyon, puis il se précipita vers la forme aussi vite qu’il le pouvait.
Les Brumes semblèrent frémir, mais peut-être n’était-ce qu’une impression causée par l’effort. Arrivé devant l’objet, il resta stupéfait par sa complexité : il n’aurait pas été surpris si on lui avait dit que la Crypte contenait ce genre de choses. Long comme son bras, moitié moins large, et épais d’une main, il ressemblait vaguement à un cercle au bout d’un bâton. Un cercle et un bâton sur lesquels auraient poussé des centaines de petites pattes régulières. Soudain inquiet d’un possible retour de la marée, il le dégagea rapidement – il lui suffit de tirer un peu dessus – et se retourna pour filer aussi vite que ses jambes le lui permettaient.

Il chercha la bouche du canyon et finit par la repérer. Bien plus loin qu’il ne l’avait pensé.
Il prit néanmoins cette direction à toute vitesse. De toutes façons, les autres options se résumaient à la Mer ou aux falaises abruptes, et aucune n’était satisfaisante.
Il courait de toutes ses forces, mais son butin l’encombrait. Plusieurs fois, il trébucha, et ne reprit sa course qu’au prix d’un effort désespéré.
Il n’osait pas se retourner pour voir la réaction des Brumes à son larcin. Il se concentrait sur son but. Espérant de toutes ses forces réussir à atteindre le canyon sans être rattrapé.
Quand il y parvint enfin, il continua sur sa lancée jusqu’au coude de la falaise.
Haletant, épuisé, il se retourna enfin, n’osant croire qu’il avait survécu.

La Mer était là où il l’avait laissée. Peut-être même un peu plus loin.

Il regarda l’objet qu’il avait ramassé. Doutant de sa réalité. Se demandant s’il n’avait pas rêvé l’avoir pris. Mais la forme étrange était là, bien tangible sous son bras.
Il le contempla encore un moment, se demandant ce qui avait bien pu lui prendre de ramasser ce truc qui n’était pas ce pour quoi il était venu. Et de s’enfuir ensuite comme un branaz paniqué.
Il finit par se laisser glisser contre un bloc, terrassé par les fatigues du voyage et ces dernières émotions, et par s’endormir. Serrant contre lui l’objet aux innombrables pattes minuscules.
« Modifié: 01 janvier 1970 à 01:00:00 par Guest »

Lyne

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Re: Rêve volé
« Réponse #2 le: 25 septembre 2013 à 21:59:38 »
Avant de s’endormir, l’apprenti chaman avait eu le réflexe de protéger ses rêves. Aussi près des Brumes, c’était indispensable. A moins d’être un Brumaire, bien sûr, mais mieux valait ne pas évoquer cette secte honnie.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, il réalisa qu’il avait bien fait : malgré ses précautions, il était en léger déphasage onirique, comme désorienté, engourdi.
L’environnement immédiat ne semblait pas dangereux – après tout, les Brumes présentaient un danger pour toutes les créatures, qu’elles sachent rêver ou non, et peu de prédateurs osaient s’en approcher. Le jeune ra prit donc le temps de se rephaser avec le monde qui l’entourait, avant de se redresser.

Il s’étira, puis fit quelques mouvements d’assouplissement avec une grimace de douleur : le dépho n’était probablement pas la seule cause de sa raideur. Il avait sûrement rattrapé d’un coup plusieurs de ses nuits d’effort sans sommeil sur le chemin. Ce qui expliquait aussi sa faim de claden.
Il vérifia la position de la Mer, constatant qu’elle avait repris possession de la grève au pied des falaises, et décida qu’il était suffisamment à l’abri pour s’octroyer un vrai repas.

Dans les jours qui suivirent, l’ucikara observa la Mer et explora les environs proches. Il vit d’autres objets échoués, parfois très différents et parfois très ressemblants avec celui qu’il avait ramassé – et qu’il conservait précieusement dans son sac – mais il résista à l’impulsion d’aller les chercher.
Des bribes de légendes et d’histoires lui étaient revenues, et il pensait qu’il s’agissait là de fragments de rêves. Comme les sculptures étranges prises dans le givre. S’il l’avait osé, il se serait même débarrassé de celui qu’il détenait désormais, mais on ne pouvait pas plus jeter un rêve que le détruire. Pas sans tout un tas de précautions, en tous cas. Il lui fallait donc supposer que ce rêve l’avait choisi pour le porter plus loin.
Il espérait que ça ne serait ni trop loin, ni trop long.

Il apprit aussi à distinguer les variétés de plantes – ou fallait-il dire d’algues – sur la plage.
Certaines ressemblaient à des mousses, et rampaient sur les rochers et les blocs. D’autres, comme celles qu’il avait examinées le premier jour, se déployaient au bout de longues racines – à moins que ce ne soit des tiges… Ou des lianes…
Certaines étaient toutes en longueur, certaines formaient d’étranges outres, certaines s’enchevêtraient sur elle-même au point qu’on ne savait plus où était l’extrémité…
Toutes avaient en commun de s’agripper à un support comme si leur vie en dépendait – ce qui était peut-être bien le cas, si on considérait leur environnement.

Au bout de quelques jours, le ra dut se rendre à l’évidence. Il ne trouverait pas ce qu’il cherchait ici. Il allait devoir s’éloigner du canyon au-delà de la limite qu’il s’était fixé jusqu’à présent. Celle qui lui garantissait, à peu près, de pouvoir rentrer avant de se faire rattraper par la Mer.
Les mouvements de celle-ci ne semblaient pas tout à fait réguliers, mais il avait repéré de grandes tendances, et des périodes plus ou moins propices. En tous cas, il l’espérait.

Le lendemain, quand la Mer commença à refluer, il rassembla ses affaires – y compris son fragment de rêve – et se mit à longer la falaise sur sa gauche d’un bon pas.
Tandis qu’il avançait, ses yeux allaient de la falaise à la Mer, et vice-versa. Il lui fallait absolument trouver un nouvel abri avant que les Brumes ne le rattrapent.

Lorsque la nuit tomba, il marchait toujours. La Mer avait commencé à remonter et il estimait qu’il lui restait à peine quelques heures avant qu’elle ne le rejoigne lorsqu’il aperçut une formation étrange dans la falaise.
C’était difficile à estimer dans la faible luminosité, mais l’entrée d’une grotte semblait déboucher bien au-dessus de la limite habituelle des Brumes, et il lui sembla discerner une sorte de chemin, un passage érodé qui y grimpait.
Il se rapprocha et constata que, effectivement, l’accès était praticable, moyennant quelques acrobaties.
Sans hésiter, il entreprit l’ascension. L’abri avait l’air à peu près sûr, et le serait en tous cas bien plus que la plage lorsque la Mer l’aurait recouverte.

Le fond de la grotte se prolongeait en un tunnel qui se ramifiait rapidement, mais l’ucikara préféra ne pas s’y enfoncer. Même pendant son séjour dans l’enceinte policée et contrôlée de l’InfrAcadémie, il n’avait jamais été à l’aise avec le monde souterrain de Ratmidju.
Il s’installa donc à l’entrée de la grotte pour surveiller la progression des Brumes.

Lorsque le jour vint enfin, la Mer était toujours là, ondulant paresseusement en contrebas de la grotte.
De son poste d’observation, le ra distinguait mieux les courants qui la traversaient, et la multitude de couleurs qui l’animaient. Il observa un moment les écharpes qui se déployaient lentement à l’assaut de la falaise et retombaient bientôt en tentacules informes dans la masse qui les avait vu naître.
Rassuré sur le fait qu’il était hors d’atteinte, il laissa son regard errer plus loin. Vers le large.
Les nuages devaient s’être lassés, ou alors ils avaient renoncé à faire concurrence au moutonnement éternel de la Mer, et ils commençaient à se désagréger. Le soleil déposait quelques taches lumineuses sur les vapeurs, comme des taches sur le pelage d’un Glourf.
Le ra les suivit des yeux un moment, admirant les reflets qui naissaient sous la caresse du soleil, les doigts de vapeur qui se tendaient parfois dans les colonnes de lumière, comme pour mieux profiter de la chaleur.

Soudain, il se redressa d’un bond, plissant les yeux pour mieux discerner au loin.
Le soleil éclairait deux formes plus sombres qui semblaient flotter au dessus de la surface. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme et de son ombre…
Lorsque la tache de lumière se déplaça, l’une des ombres disparut en effet, mais la silhouette principale resta là, immobile au-dessus des Brumes.
Le ra n’osait pas la quitter des yeux, tentant de discerner des détails malgré la distance.
Puis il aperçut une autre forme en lévitation, dans une autre tache de lumière. Et une autre encore. Il ne put retrouver la première, mais plus il contemplait la surface lointaine de la Mer, et plus il voyait de ces… choses étranges, qui flottaient paisiblement, comme un troupeau de branaz paissant les prés de blasas.
Jamais il n’avait entendu parler de ça. Comment avait-il pu les rater jusqu’à présent ? Elles devaient être énormes pour être visibles de si loin. Étaient-ce des animaux ? Il n’aurait jamais cru que des êtres vivants puissent vivre ainsi, près des Brumes, mais il avait vu les plantes qui survivaient marée après marée.

Les yeux toujours fixés sur le spectacle extraordinaire déployé devant lui, le jeune ra fit un pas de côté pour essayer de mieux voir, et se prit le pied dans le fragment qu’il avait extrait le premier jour. Surpris, il vacilla, tenta de se rattraper, et réalisa trop tard qu’il était vraiment très près du bord de la grotte.

Les Brumes étouffèrent le bruit de son corps lorsqu’il s’écrasa au pied de la falaise.
Nul ne sait ce qu’il advint du rêve inachevé qu’il avait arraché à la Mer et qui venait d’y retourner.
« Modifié: 01 janvier 1970 à 01:00:00 par Guest »

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