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Duretsi

Description

Cette plante existe sous deux formes, quasiment impossibles à distinguer en surface sauf par un nez averti ; elles correspondent chacune à une phase de son cycle de vie.

Ci'oduretsi

La forme juvénile de la plante est composée d'une tige rigide et de feuilles alternes. Sous terre, la racine centrale, plutôt fine, est entourée de plusieurs tubercules (appelés rangej) qui sont remplis d'une substance molle et nourrissante (comestible pour les ra et les rebto'i) ; chaque tubercule contient une petite graine. La tige porte de petites fleurs jaunes contenant du nectar récolté par les manti (bifce, butineuses). Elle peut aussi porter des bogues qui ressemblent à de petites boules à facettes formées de triangles ; ces bogues sont vides, elles ne contiennent pas de fruits.

Ma'uduretsi

La forme adulte de la plante a le même aspect en surface que la ci'oduretsi, mais la racine est différente : elle est rigide et cônique mais ne porte pas de tubercules. Toute la plante est toxique sous cette forme, à l'exception des graines contenues dans les bogues ; en effet, un contact avec les feuilles, les fleurs ou la partie extérieure des bogues peut créer des œdèmes très douloureux, et toute ingestion d'une décoction de la plante ou de la racine provoque une surcharge rénale pouvant tuer une ra en quelques semaines.

Cycle de reproduction

Les deux formes de la plante sont présentes à chaque mi-saison. Les fleurs des ci'oduretsi laisseront du pollen sur les manti qui les butineront, ce qui fertilisera les fleurs des ma'uduretsi ; celles-ci pourront alors produire des graines dans leurs bogues. Une fois les graines tombées au sol, de nouvelles ci'oduretsi pourront germer à la mi-saison suivante. Les tubercules des ci'oduretsi seront consommées par les rebto'i, qui, lors de la digestion, détruiront la couche de protection de la graine contenue dans le rangej. Cela permettra de former, une fois relâchée dans la nature, une nouvelle ma'uduretsi qui pourra former des graines, continuant ainsi le cycle.

Les ma'uduretsi forment rapidement des feuilles et une racine charnue (toxiques) après germination, puis de la même façon les fleurs apparaissent si les conditions sont favorables aux manti Elles forment ensuite des bogues (pleines) au fur et à mesure à l'emplacement des fleurs qui ont été pollinisées par du pollen de ci'odutsi. Lorsque toutes les graines ont été libérées par les bogues, et qu'il ne reste plus de fleur non pollinisée, la plante peut rester debout quelques jeftu avant de se déssécher à son tour. Une graine tétraédrique qui se retrouve en terre en début d'intersaison (même après récolte par une ra et conservation pendant plusieurs saisons) peut éventuellement germer immédiatement en ci'odutsi, et produire rapidement des feuilles et des tubercules, ce qui accélère le cycle habituel, ou attendre plusieurs saisons en terre, ce qui en ralentit le rythme.

Les ci'oduretsi forment des tubercules assez rapidement après la formation des feuilles, puis les fleurs apparaissent si les conditions sont favorables aux manti. Elle ne forment des bogues (vides) que si les fleurs ont été visitées par des manti, mais ce n'est pas systématique, certaines fleurs continuant de produire du nectar et du pollen à l'attention des manti. Elles sèchent et se désagrègent seulement lorsque tous les tubercules ont été séparés de la plante et qu'il n'y a plus de fleurs, ou alors lorsque la saison n'est plus favorable (dans ce cas la racine et les tubercules restants se conservent en terre jusqu'à l'intersaison suivante et peuvent donner naissance à une nouvelle pousse de ci'oduretsi, ou plusieurs dans le cas où des tubercules ont été séparés de la racine).

Les graines de ma'uduretsi (appelées sarycpinatsi, elles sont tétraédriques, brunes zébrées de cyan, et issues par trois ou quatre des bogues ayant même aspect que celles de la ci'oduretsi) vont se répandre au pied de la ma'uduretsi. Les jeunes pousses issues de ces graines prendront à nouveau la forme de ci'oduretsi : il y a en général un cycle complet par an, mais certaines plantes ont la phase juvénile après la saison froide tandis que d'autres l'ont pendant la saison chaude ; il y a ainsi à chaque intersaison des ci'oduretsi et des ma'uduretsi en même temps, ce qui est indispensable pour la pollinisation des secondes et la production de leurs graines.

Les tubercules, quand ils sont consommés par des rebto'i, verront la couche de protection de leur graine désagrégée dans le système digestif de l'animal ; la consommation par d'autres espèces ne désagrège pas cette couche de protection. Une fois la protection détruite par digestion, les déjections de la rebto'i fertiliseront la graine qui permettra, à la mi-saison suivante, de faire germer une nouvelle ma'uduretsi.

Aire de répartition

Les duretsi peuvent être trouvés un peu partout tant qu'il y a des rebto'i : sols assez meubles avec des grottes ou des terriers abandonnés à proximité, ou forêts denses et sombres. On ne les trouve pas dans les zones trop rocheuses ou avec trop de pente.

Propriétés et usages

Le rangej (tubercule de la ci'oduretsi) est comestible, mais attention à ne pas toucher de ma'uduretsi lors de la récolte. Le reste de la plante sous cette forme juvénile est inintéressant sur le plan nutritionnel ou médical.

Les sarycpintsi (graines de ma'uduretsi) sont utilisées comme épice (goût citronné et piquant), mais il faut des précautions pour la cueillette et l'extraction hors des bogues toxiques. Il est important de laisser quelques graines sur place afin de maintenir le cycle de la plante. Elles sont généralement pressées pour en extraire un jus1).

Les feuilles de ma'uduretsi pouvent être utilisées en infusion comme poison (très fort diurétique qui déshydrate fortement ; à trop forte dose, ça épuise les reins), ou, sous forme de feuilles séchées mélangées à de la graisse, on peut s'en servir comme médicament (diurétique, mais attention car le dosage est très délicat).

Les bogues de ci'oduretsi, réduites en poudre, sont utilisées (au moins dans le Delta) pour faire un explosif bleu. Les bogues (toxiques) de ma'uduretsi, réduites en poudre, se consument en dégageant une épaisse fumée blanche

Notes et références

RAS

1)
Source : Souvenance en errance du corpus Rêve ordinaire